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# 116  La verification de l'âge sert à l'agenda oO

Pendant trente ans, la protection des mineurs sur Internet n'était pas un sujet d'actualité. Et soudain, elle devient nécessaire, à l'échelle internationale oO

o Pendant 30 ans, personne ne s'est soucié de la vérification de l'âge
o Prochaine étape : l'IDe et la vérification de l'âge
o Grâce à l'IDe, beaucoup pourront indiquer leur âge
o L'État ne le voit pas, mais Google & Cie, oui
o On est identifié par son âge et son vrai nom
o L'identification se fait sur les réseaux sociaux
o À partir de là, Google vous reconnaît sur les autres sites web

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On élabore une loi, on la soumet à consultation et on demande concrètement quel est le résultat souhaité. En d’autres termes, il faut des dispositions relatives à la protection de la jeunesse, car cela nous a manqué jusqu’à présent, pendant trente ans. Et cela fonctionne : de nombreux cantons, partis, associations et ONG se prononcent effectivement. « Nous avons besoin d’une protection de la jeunesse. Nous exigeons aujourd’hui la protection des mineurs. » Le pouvoir législatif répond volontiers à cette demande : elle a désormais le soutien du peuple, qui souhaite de telles dispositions.

La vérification de l’âge sert cet objectif. Juste à temps pour le vote sur l’e-ID, on a réclamé la protection des mineurs. Une pétition a ainsi exigé davantage de protection des mineurs sur les réseaux sociaux. Sur Internet, cela n’existait pas jusqu’à présent, la protection des mineurs. Cela ne pouvait pas exister, car Internet est anonyme. Si les internautes sont anonymes, on ne connaît pas non plus leur âge. Pendant trente ans, on ne connaissait pas leur âge, et maintenant, tout à coup, c’est étrange. Pourquoi en faire tout un plat maintenant ? Avec l’e-ID qui arrive, grâce à laquelle on peut prouver que l’on a l’âge requis sans révéler sa date de naissance, ce qui, il faut l’admettre, est très élégant.

Mais pourquoi vouloir faire avancer cela maintenant, alors que cela n’a intéressé personne pendant trente ans ? On a même lancé une nouvelle loi, la KomPG, la loi fédérale sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche. La KomPG a été mise en consultation en octobre 2025. Telle qu’elle est formulée, cette loi semble tout à fait acceptable :

« Le Conseil fédéral souhaite renforcer les droits des utilisatrices et des utilisateurs dans l’environnement numérique et obliger les très grandes plateformes de communication ainsi que les moteurs de recherche à faire preuve de plus d’équité et de transparence. Une nouvelle loi vise à ancrer dans la législation des règles fondamentales pour des services tels que Facebook, X, TikTok et Google. C’est ce qu’a décidé le Conseil fédéral lors de sa séance du 29 octobre 2025. Les milieux intéressés peuvent prendre position sur le projet jusqu’au 16 février 2026. »

Cependant, les participants à la consultation sont expressément invités à s’exprimer sur la protection des mineurs ! « Les destinataires de la consultation sont invités à donner leur avis sur le projet jusqu’au 16 février 2026. Ils sont en outre priés de se prononcer sur des questions concrètes relatives à la protection des mineurs et à la procédure de signalement. »

En somme, on élabore une loi, on la soumet à consultation et on demande concrètement quel est le résultat souhaité. En d’autres termes : on a besoin de prises de position sur la protection des mineurs, car cela nous a manqué jusqu’à présent, pendant trente ans. Et cela fonctionne : de nombreux cantons, partis politiques, associations et ONG s’expriment effectivement en ces termes : « Nous avons besoin d’une protection des mineurs. Nous exigeons aujourd’hui la protection des mineurs. » Le pouvoir législatif répond volontiers à cette demande. Elle a désormais le soutien du peuple, qui souhaite de telles dispositions.

Qu’est-ce qui va changer sur les très grands réseaux sociaux ? Car c’est bien d’eux dont il s’agit, les très grands. On peut y scanner un code QR avec l’application e-ID. Le réseau social demandera plus que : « As-tu déjà seize ans ? » Il demandera la date de naissance complète, comme Telegram par exemple. « Pour que tes amis sachent quand tu fais la fête », peut-on y lire. Mais désormais, ce n’est plus facultatif. Il suffit de renseigner sa véritable date de naissance. Et qu’est-ce que cela signifie pour les réseaux sociaux ?

Le nom complet et la véritable date de naissance représentent une énorme valeur ajoutée, car ces données sont certifiées par les autorités ! Elles ont une valeur bien supérieure sur le marché. Pour les réseaux sociaux, cela se traduit par un chiffre d’affaires plus élevé dans le commerce des données. Et pour Google, cela a également beaucoup plus de valeur à l’achat, s’il n’a pas déjà mis la main sur ces données très convoitées.

Les réseaux sociaux deviendront le lieu de l’identification, l’endroit où ils identifieront inévitablement les visiteurs, avec leur nom complet et leur véritable date de naissance.

De là, des traces se propagent clairement vers les millions et millions de sites web ne nécessitant pas d’identification électronique, qui constituent la grande majorité, mais sur lesquels Google et Cie ont installé leurs outils et leurs cookies. Google voit donc qui quitte les réseaux sociaux avec une identité certifiée officiellement et suit avec plaisir les traces clairement identifiées à travers Internet !

Sur l’ensemble d’Internet ? Non, quelques concepteurs de sites web n’ont ni cookies ni outils Google sur leurs sites. Ils se feront certainement un plaisir de vous accueillir. Et d’ailleurs :

Qui a encore besoin des réseaux sociaux ?

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